Le développement des films Noir & Blanc

A - Pour développer des films Noir & Blanc, il faut le matériel et les produits suivants :

Le matériel :
a) une cuve de développement qui peut contenir suivant sa hauteur et le format du film
(135 ou 120) une, deux, trois, etc… spires (en plastique le plus souvent) qui sont enfilées sur un axe.


b) des récipients pour contenir les différentes chimies, un thermomètre, un entonnoir


c) une minuterie-chronomètre pour labo-photo si possible.
Cet instrument est pratique pour mesurer, sans se tromper, les durées des différents bains pour développer le film.
Ceci compte particulièrement pour le révélateur.

d) un extracteur de film et des ciseaux



e) des pinces pour accrocher le film (2 pinces par film : une pour l'accrocher, l'autre pour le lester)

Les produits (ou chimie) :
a) le révélateur : plusieurs fabricants de grande marque proposent pour leurs propres films des révélateurs adaptés à chaque type de film.
Dans certains cas, ce révélateur peut aussi servir pour développer d'autres marques et types de films.a) le révélateur :
plusieurs fabricants de grande marque proposent pour leurs propres films des révélateurs adaptés à chaque type de film. ertains cas, ce révélateur peut aussi servir pour développer d'autres marques et types de films.

b) le bain d'arrêt : il existe sur le marché, comme pour le révélateur, des produits spécifiques fabriqués par les grandes marques.
Mais vous pouvez acheter chez le droguiste de l'acide acétique à 75 % que l'on dilue à 3,5 % avec de l'eau
(10 ml d'acide acétique pour 240 ml d'eau) c) le fixateur : actuellement universel film / papier que l'on trouve
chez Ilford; Kodak, Moersch, Tetenal, etc…

c) le fixateur : actuellement universel film / papier que l'on trouve chez Ilford; Kodak, Moersch, Tetenal, etc…

B - Chargement des spires et de la cuve :

Installation : Il faut débarrasser l'espace devant soi afin de trouver facilement dans le noir absolu les objets dont on a besoin
(films, ciseaux, spires, axe de spires, cuve, couvercle …).


En lumière blanche, extraire l'amorce du film avec l'extracteur de films.


Couper la languette


et arrondir très légèrement l'autre côté.


Note : si l'on possède un appareil photo qui permet de rembobiner le film en gardant l'amorce sortie, utiliser cette fonction.
Introduire, toujours en lumière blanche, l'amorce du film dans la spire. Si l'on a plusieurs films,
faire la même chose pour chaque film et bien les disposer l'un à côté de l'autre, pour les retrouver facilement dans le noir.


ETEINDRE LA LUMIERE BLANCHE. Attention aux néons qui restent luminescents un certain temps. Vérifier que l'obscurité est totale.
Ensuite, pousser graduellement le film à l'intérieur de la spire en faisant pendre la cartouche, ainsi le film sera toujours bien
tendu et se présentera bien à l'entrée de la spire.


Il est vivement conseillé de s'entraîner à ces manipulations avec un film périmé. D'abord à la lumière blanche, ensuite dans le noir absolu.

Ce tour de main est vite acquis à condition d'amorcer le film dans la spire en lumière blanche comme décrit ci-dessus;

C – Traitement du film (du développement au séchage) :

Remarque générale : il est souhaitable que tous les bains aient la même température de traitement,
notamment si l'on traite à 24°C. La température du révélateur doit être précise à +/- 0,5°C maximum.

Principe à retenir :

1) Le développement (toujours opérer de la même façon) :
1ère façon d'opérer : mettre le minuteur en route et verser la chimie dans la cuve
2ème façon d'opérer : verser la chimie dans la cuve et mettre le minuteur en route

En machine JOBO la procédure d'agitation est régulière et permanente (à petite vitesse bien entendu)
Réduire les durées de développement de 10 %




Les critères de développement sont différents pour chaque type et marque de film. L'adéquation type et genre de film, sensibilité, température de traitement, agitation et chimie doit être parfaite.

A la fin du développement, deux possibilités :
– on vide la cuve dans le tout à l'égout si on travaille à bain perdu,
– ou alors le révélateur est récupéré dans un flacon prévu à cet effet, s'il ne s'est pas épuisé et que l'on veut développer une autre série.

Ne pas oublier qu'il faut environ 100 à 120 ml de révélateur pour développer un film de 36 poses.

Cuve à retournement :

Dans une cuve à retournement, il faut 500 ml de chimie pour recouvrir deux films 135. Cette quantité suffit donc pour développer :
– premier bain --> 2 films de 36 poses --> récupération de la chimie
– deuxième bain --> 2 films de 36 poses --> jeter la chimie.
Remarque : pour le deuxième bain il faut rallonger de 10 % la durée de développement.


bain récupérable


bain perdu

Notre club dispose d'une vieille JOBO parfaitement fonctionnelle, donc à utiliser pour le bain perdu.

2) Le bain d'arrêt :

Son but est de stopper net l'action du révélateur. 30 secondes de ce bain suffisent pour le neutraliser. Facultatif :
un rinçage à l'eau claire est souhaitable entre le bain d'arrêt et le fixateur.
Ce rinçage évite d'introduire de l'acidité dans le fixateur et ceci particulièrement si l'on procède avec des bains récupérables.

3) Le fixage :

Le fixage, comme son nom l'indique, rend le film insensible à la lumière.
Ce bain élimine les grains d'argent qui n'ont pas été insolés et fixe les autres.
Un fixage trop court est nuisible à la bonne conservation de l'image. Un fixage trop long n'est pas bon pour les zones claires de l'image.
Une bonne durée se situe pour pratiquement tous les films entre 2 mn minimum et 5 mn maximum.
Généralement le fabricant du film ou du fixateur indique le temps moyen à respecter.

4) Le lavage :

Le lavage à l'eau courante est recommandé à une température entre 18 et 24°C pendant 15 mn minimum.

5) Le bain mouillant :

C'est le dernier bain. Comme pour les autres produits, le bain mouillant doit recouvrir le film et avoir la même fourchette de température.
Ce bain permet d'éviter la formation de traces ineffaçables côté émulsion et rend le film anti- statique.

Attention à la trop forte concentration en agent mouillant ! 1,5 ml pour 250 ml, ou 3 ml pour 500 ml d'eau. A mesurer avec une seringue.
Agiter le moins possible (çà mousse vraiment !), laisser agir 1 à 2 mn.

Note : on peut utiliser pour le dernier bain de l'eau déminéralisée telle-quelle ou additionnée d'agent mouillant comme décrit ci-dessus.

Suspendre le film avec une pince avec une bonne accroche et lester avec une pince à lester ou même une pince à linge,
l'essentiel c'est que le film soit légèrement tendu sans plus.



Exemple pratique de développement avec 2 films types

2 films Kodak Tmax 400
1 machine JOBO
1 cuve 250 ml pour rotation en JOBO

révélateur : Kodak Tmax
bain d'arrêt : acide acétique à 75 %
fixateur : Kodak Tmax
agent mouillant : Ilford Ilfotol

Préparation du révélateur pour une solution de 250 ml :
soit 1 volume de révélateur + 4 volumes d'eau = 5 volumes
donc 50 ml de révélateur + 200 ml d'eau = 250 ml de solution

Préparation du bain d'arrêt pour une solution de 250 ml :
10/15 ml d'acide acétique + 240 ml d'eau = environ 250 ml de solution

Préparation du fixateur pour une solution de 250 ml :
soit 1 volume de fixateur + 4 volumes d'eau = 5 volumes
donc 50 ml de fixateur + 200 ml d'eau = 250 ml de solution

Préparation de l'agent mouillant :
1 volume d'agent mouillant + 200 volumes d'eau
= environ 1,5 ml d'agent mouillant pour 250 ml d'eau

Les bains seront chauffés à 24°C dans la cuve JOBO.
Remarque : 20°C sont difficiles à obtenir/maintenir en cuve surtout en été.

Régler le chronomètre comme suit :

Révélateur : selon les indications de Kodak
pour Tmax400 à 24°C
développement --> 6 mn
agitation en cuve JOBO --> - 10 % = 5 mn 24 sec. arrondi à 5 mn 30 sec.

Bain d'arrêt : 30 sec. de rotation
Lavage à l'eau (facultatif) 30 sec. de rotation

Fixateur(selon les indications Kodak) : 4 mn de rotation  quelle que soit la sensibilité du film

Lavage à l'eau courante entre 20 et 24 °C : pendant 15 à 20 mn

Agent mouillant : 2 mn de rotation
(faire très attention de ne pas trop agiter pour ne pas faire trop de mousse)

Laisser sécher les films à l'air libre, à l'abri de la poussière.